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Cinquante nuances de Grey d’E.L. James en trois lettres : LOL

Couverture de cinquante nuances de Grey d'EL James France JC LattèsJe sais pertinemment que cette critique est inutile. De toute façon ceux qui n’ont pas déjà lu 50 nuances de Grey, n’ont pas l’intention de le lire (et ils ont raison, ils sont vachement plus forts que moi), mais je n’allais tout de même pas passer sur cette occasion de rigoler un coup.

Si j’étais une fille synthétique, je pourrais d’ailleurs faire une critique en trois lettres : LOL.

Juste après la lecture, ma réaction a été : Non, ben, oui, mais parce que je veux dire, bof, je veux bien, on lit pour s’amuser, ok, bref, mais là quand même, heu franchement, quoi, non, mais, vraiment ?

D’où mon analyse structurée, claire et concise du phénomène Fifty Shades ci-dessous :

Résumé :

Cinquante nuances de Grey est l’histoire d’une pauvre courge qui hésite pendant 560 pages à commencer une relation SM  avec un psychopathe.

Analyse approfondie et philosophique des personnages :

La pauvre courge :

Anastasia Steele, étudiante pure et vierge d’une vingtaine d’années est fan de Jane Austen. Nous noterons ici l’habileté d’EL James qui, pour brouiller les pistes et créer un personnage multi-dimensionnel a pris soin de donner à A. Steele le franc-parler d’une actrice de X sur le retour reconvertie en charretière, tout en la faisant rougir toutes les deux secondes comme une collégienne qui vient de se faire un shot de tabasco.

Le psychopathe : 

Je ne veux pas qu’on me reproche de juger les préférences sexuelles des gens et je tiens donc à souligner que la passion de ce brave Christian Grey pour les fouets et les menottes est le cadet de mes soucis et que ce n’est en aucun cas la raison pour laquelle je me permets de considérer qu’il est un psychopathe. D’ailleurs même si on se tapait 560 pages de Christian et Anastasia en position du missionnaire, voire en train de cueillir des coquelicots dans un champ de maïs, Christian Grey serait tout de même un psychopathe.

Démonstration en trois parties : 

1) Concentrez-vous et imaginez que Christian Grey ressemble à ça (pardon, Brian Baumgartner d’utiliser ton image à ces fins triviales) :

Gif animé Brian Baumgartner The Office

2) Maintenant imaginez que cette personne (Christian Grey, donc) vous suive dans la rue, tracke votre téléphone portable afin de savoir à chaque instant où vous êtes, se pointe sans crier gare à votre lieu de travail ou votre appartement, interfère dans votre vie professionnelle, vous force à manger ce qu’il veut, à porter les habits qu’il veut, voire (HORREUR) à faire du sport.

C’est bon ? Vous visualisez ?

3) Maintenant répondez à cette question, après analyse des points 1 et 2, vous  :

  1. Souhaitez que cette personne étrange finisse au poste de police le plus proche.
  2. Souhaitez que cette personne étrange vous emmène dans sa « Red Room of pain » et vous menotte à un radiateur.
  3. Parfois, quand vous étiez petit vous torturiez des animaux dans le jardin de votre grand-mère, l’été *.

Si vous avez répondu A) Je suis fière de vous, si vous avez répondu B) Vous êtes Anastasia Steele, si vous avez répondu C), je connais un très bon psy, je vous donnerai son numéro.

Conclusion :  psychopathe.

CQFD.

Heureusement, E.L. James, a de nouveau plus d’un tour dans son sac (à défaut d’avoir plus de 12 mots dans son vocabulaire), c’est la raison pour laquelle, Christian Grey a été doté par sa créatrice d’un zizi de la taille du Chrysler Building et qu’il est très très beau et très très musclé, qu’on nous le répète beaucoup beaucoup (toutes les deux ou trois phrases, des fois qu’on aurait Alzheimer), qu’il est multi-millionnaire (comme EL James) et philanthrope et qu’il a un hélico et un garde du corps. Heureusement aussi que sa mère est une « pute à crack », ce qui excuse bien sûr, grâce à un habile stratagème qui est à la littérature ce que le big mac est à la gastronomie, le fait qu’il soit un psychopathe « un peu différent ».

Et du coup TIN-TIN (musique dramatique annonçant un retournement de situation complet et inattendu) :  Christian Grey est en fait le Prince Charmant. **

Synthèse : 

Ressenti global : j’ai eu envie de dormir jusqu’au moment où Anastasia cède, après quoi le livre sombre dans la niaiserie la plus totale. Du jamais vu sur l’échelle de la guimauve,  à côté Les Bisounours à bisousville est un film d’horreur. À partir de là, bonne nouvelle, je n’ai plus eu envie de dormir, mauvaise nouvelle, j’ai eu envie de me suicider.

Le sexe ? Puisque c’est de ça qu’il est question, que dire sur le sexe… ? Que ceux ici qui pensent que les mots vagin et pénis ne sont pas sexy lèvent la main, les autres peuvent sortir et aller acheter Cinquante Nuances de Grey.

Cela étant dit dans un soucis d’objectivité, je dois admettre qu’il y a deux ou trois métaphores sexuelles absolument désopilantes.

Le style : pas si mal, franchement, 560 pages avec 12 mots de vocabulaire (dont 7 sont des synonymes de fouets), c’était un beau challenge. Je soupçonne cependant EL James de s’être un soir endormie bourrée, la joue écrasée sur son clavier d’ordinateur en envoyant un mail, de s’être réveillée le lendemain avec Cinquante Nuances de Grey écrit sur son écran et de se dire « tiens, si je publiais ça sur Internet ».

PS : Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il paraît qu’il y a pire que Cinquante nuances de Grey : il y a Cinquante nuances plus sombres, le tome 2 et Cinquante nuances plus claires, le tome 3.

* C’est VOUS le psychopathe.

** Sauf qu’en fait c’est toujours un psychopathe.

Titre original : Fifty Shades of crap Grey
Auteur : E.L. James
Genre : Excellente question.
Première date de parution : Juin 2011
Langue d’origine : anglais pour les 6-10 ans.
Pays d’origine : UK
Éditeur en France : JC Lattès
Titre en français : Cinquante nuances d’un psychopathe de Grey
Nb de pages : 560
Parution en France : octobre 2012
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74 réflexions sur “Cinquante nuances de Grey d’E.L. James en trois lettres : LOL

  1. Voui. J’avoue ne pas comprendre l’engouement pour ce livre. Pour ceux que la chose intéressent, je conseillerai les San Antonio : au moins, il y a de l’humour.

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  3. C’est l’analyse la plus amusante qui m’aie été donné de lire. Je suis au bureau, je la lis et je rigole comme une idiote. Mes collègues me regardent confus. Moi j’ai lu toute la trilogie (heureusement qu’on me l’a offerte et que je n’ai pas eu à dépenser mes sous pour l’acquérir). En gros je partage ton point de vue, Sauf que moi j’ai été curieuse de connaitre le passé de Christian c’est pour ça que je suis allé jusqu’à la fin. J’ai dit à une amie que toute l’histoire aurait pu tenir dans un seul tome car vraiment il n’y a pas beaucoup d’événements et d’action. Même le développement de l’histoire n’est pas bien fait. Bref, je crois que c’est le psychopathe qui fait vendre le livre parce qu’il est beau, sexy, et différent. Le syndrome du bad boy. Merci pour la chronique. C’était hialarant 😉

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  4. Que j’ai ris !!! Je viens de découvrir ton blog (qui est déjà dans mes favoris d’ailleurs !) à la recherche de nouvelles lectures, et je tombe sur ton avis pour ce « livre ». Je me suis dit « hm hm, je vais aller lire son avis pour voir si je peux me fier à ses recommandations :p ». Tu m’as fait énormément rire ! J’ai lu ce bouquin pour pouvoir me faire mon propre avis (je me suis même taper les trois tomes…c’est dire ma bonne volonté…) ; tout ce que je peux dire c’est que c’est une grosse blague bien grasse. Je ne comprends pas l’engouement des gens pour ce torchon vulgaire, pleins de stéréotypes, où l’auteur n’a pas du ouvrir un dico des synonymes…
    En tout cas, chouette blog ! 😉

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  5. Superbe analyse, je me sent moins seule du coup, merci, merci merci 😀 je n’ai meme pas pu le finir…. et meme pas pu refourguer le tome 2 et 3 que j’avais acheté dans la foulée car ils sont en anglais…. La loose!

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